Pédagogie et TICE

2. Le Brevet Informatique et Internet

2.1 E-education

Les enfants de demain seront-ils e-éduqués ?
La réponse à cette question ne fait aucun doute : ils vont, et iront de plus en plus, chercher la connaissance là où elle se trouve, avec tous les moyens qui leur seront disponibles. La question de savoir s'ils ne risquent pas de confondre information et connaissance, déambulation culturelle et approfondissement, n'est qu'accessoire quant à la place que prendront les technologies de l'information et de la communication dans leur parcours d'apprenants, à l'école ou ailleurs. Ces T.I.C. seront bel et bien intégrées comme moyen et leur maîtrise en tant qu'outil sera indispensable à tous.
Les enseignants de demain, seront-ils des e-éducateurs ?
Assurément. Ils trouvent déjà dans ces technologies des moyens très performants pour étayer leur enseignement et pour mieux impliquer les élèves dans l'accès aux savoirs. Ils sont conscients de leur rôle dans la préparation des enfants et des jeunes au monde tel qu'il est, et, autant que possible, tel que l'on prévoit qu'il sera. Le fait d'avoir à transmettre des valeurs, pour certaines à les préserver dans des sociétés peu respectueuses, ne les rend pas pour autant passéistes. Les yeux et l'esprit grands ouverts, c'est à dire aussi vigilants, les enseignants seront très certainement des e-éducateurs.
Mais les enfants et l'école doivent-ils être pris comme l'épicentre et le démultiplicateur d'un phénomène socio-technico-économique ? Doit-elle jouer le rôle de cheval de Troie de la nouveauté ? Ne serait-ce pas là un renversement de logique préjudiciable à sa mission éducatrice, une instrumentalisation qui ne peut que la placer devant des impératifs contradictoires ?

Lors du colloque e-éducation notre ministre, Jack LANG, s'est directement prononcé sur cette question en affirmant sous forme interrogative :
" Est-ce que l'école doit s'adapter à l'informatique ou bien, au contraire, comme je le crois, c'est à l'informatique de s'adapter à l'école ? "
(http://www.education.gouv.fr/discours/2000/e-educd.htm).
Son développement consiste à réaffirmer la place des T.I.C comme outil, au service de l'enseignant. Celui-ci reste indispensable car " jamais l'ordinateur ne saura expliquer… l'enseignement reste un acte trop complexe pour pouvoir se faire automatiquement et sans relation humaine. ".
Le " rapport européen sur la qualité de l'éducation scolaire " (commission européenne, mai 2000) insiste fortement sur l'importance de ces questions en intégrant le niveau atteint en matière de T.I.C. comme indicateur de qualité de l'éducation : " Cet indicateur a été choisi dans la mesure où les T.I.C. sont d'une importance politique extrême. Elles ont déjà un impact très profond sur la vie des gens et sur les apprentissages des enfants. Au Royaume-Uni, par exemple, les T.I.C. représentent 40 % de toutes les parts de marché. "
Questions pour l'avenir immédiat ou à long terme : " Quels sont les coûts et avantages de formes alternatives d'enseignement ? Quelle proportion de l'apprentissage peut se faire de façon autonome ? guidée par l'enseignant ? guidée par les pairs ? à la maison, à l'école ou au sein de la collectivité ? "
En réponse à ces questions, le ministre français de l'Education Nationale affirme donc : pas d'alternative ni de substitution mais de la complémentarité, une utilisation judicieuse de l'outil et de ses performances au service des apprentissages et de l'enseignant.

Les enjeux sont effectivement d'importance, et ils peuvent se résumer dans une alternative simple : afin que les élèves ne soient pas e-éduqués hors de l'école, ou même en se passant de l'école, les enseignants doivent devenir de véritables e-éducateurs.

Les brevets informatique et internet (B2i) s'inscrivent dans cette démarche (B.O. n° 42 du 23/11/2000).
Ils ne cherchent pas à instaurer une évaluation sommative faisant obstacle à des parcours et des pratiques ultérieurs.
Ils ne seront pas organisés comme des examens auxquels on réussit, ou auxquels on échoue.
Mais ils seront comme la marque d'une étape franchie dans la maîtrise de compétences spécifiques aux technologies de l'information et de la communication, compétences nécessaires à l'enfant de 11 ans dans sa vie quotidienne et dans sa vie de futur collégien (1er niveau) ou au jeune adolescent et futur lycéen (2ème niveau). Ils permettront aux enseignants et aux élèves de dégager ces compétences d'une vision globale de la réussite ou de la difficulté, de les repérer à l'intérieur des activités pratiquées, de dégager des indicateurs de maîtrise.

Le franchissement collectif de cette étape sera aussi le signe que l'école et le collège, grâce au savoir faire des enseignants et à la qualité des équipements mis à la disposition des élèves, se donnent les moyens de remplir pleinement leur mission.

Antoine MARTIN I.E.N-TICE
Cet article est paru dans le Bulletin départemental de l'IA84 au mois de février 2001.
Il est présenté ici dans sa version complète.

1. L'informatique dans les textes officiels  1.1 B.O. de mai 1995 1.2 B.O. n°7 du 23/11/1999 1.3 Conséquences directes 1.3.1 dans les pratiques 1.3.2 dans la place de l'ordinateur 1.3.3 dans les projets 1.3.4 Et Internet dans tout ça ? 1.4 B.O. n°42 du 23/11/2000 : le B2i 1.5 Consultation sur les nouveaux programmes 2. Le B2i 5.1 E-education (Antoine Martin, IEN-TICE) 2.2 Le B.O. du 23 novembre 2000 2.3 Les documents d'accompagnement 2.4 Des sites de référence 2.5 Croisement activités-compétences