1.4 Fiches pédagogiques pour la littérature

1.4.3 Lecture magistrale à haute voix

Référence : Document d’application des programmes – Littérature Cycle 3 ; collection école ; Ministère de l’Education nationale (DESCO) ; édition SCÉRÉN
Page 6 : la lecture des œuvres

1. Définition

C’est une lecture obligatoirement préparée. (On peut faire une distinction avec lecture à voix haute : oralisation spontanée du texte).
C’est une lecture interprétative ; le lecteur a pour objectif premier « d’accrocher » son auditoire.
On lit le texte, rien que le texte, tout le texte sans en changer un seul mot !
C’est une lecture qui ne peut être interrompue par l’auditoire. Seul l’adulte décide (lors de sa préparation) de faire des pauses ou non.
Les débats, demandes d’explication, possibilité de retours sur le texte (et/ou les images) interviennent uniquement lors de ces pauses ou, s’il n’y en a pas, à la fin de la lecture de l’ouvrage.

2. Les pauses

Lors de sa préparation, l’adulte s’interroge sur les « nœuds de résistance » que peut présenter le texte (et/ou les images). C’est lui qui juge alors s’il y a nécessité de faire une pause (ou des pauses) à un endroit donné.
* La pause « de compréhension » aura pour but de faire émerger différentes hypothèses sur le sens, les confronter au texte, afin de permettre à l’ensemble de l’auditoire de pouvoir être « armé » pour la suite du récit.
* La pause « interprétative » aura pour but de faire émerger différentes interprétations possibles du texte. Celles-ci sont confrontées là aussi au texte. On ne cherchera pas à dégager « la bonne interprétation » mais plutôt les interprétations qui ne sont pas en contradiction avec le texte.
* La pause « narrative » est ménagée par l’adulte à un moment clé du récit. Elle permet d’en rassembler les différents éléments (activité de résumé). Ceux-ci sont consignés par écrit (collectif ou individuel). La lecture sera reprise à un autre moment (rupture temporelle).

3. Comment lire ?

On regroupera les élèves de façon que leur attention soit concentrée sur le livre. On utilisera judicieusement l’angle d’une salle démuni de porte ou de fenêtre. Au besoin, on placera un panneau sur la porte « ne pas déranger, lecture du maître ».
On veillera à l’installation des élèves afin d’éviter des chahuts, afin de permettre à chacun de bien voir (important pour les albums).
- les albums : principe général, présentation systématique des images en même temps que la lecture du texte. Parfois l’adulte choisira volontairement de ne pas montrer une ou des images. Dans ce cas, prévenir les élèves au départ (surtout s’ils sont petits).
Lecture intégrale : première de couverture, page de garde, page de faux titre si elle existe, page de titre. A la fin du texte, tourner les pages jusqu’à la fin (parfois les pages de garde sont différentes de celles du début et terminent réellement le récit), puis la 4ème de couverture. Au besoin faire le lien entre 4ème et 1ère. Ce n’est qu’à ce moment que la lecture est terminée.
- les romans : il faudra a minima ménager des pauses narratives. Rien n’oblige à lire l’ensemble des chapitres. On procédera alors à des résumés. On pourra également faire une lecture interrompue et offrir le livre aux élèves afin qu’ils découvrent la fin. (même processus pour le théâtre)
- les contes : en fonction de l’objectif visé, on ne lira que le texte ou on fera le lien avec les images (cf ci-dessus l’album)
- les poèmes : lecture intégrale du poème
- les bandes dessinées : lecture à haute voix impossible en grand groupe

Ne pas « bouler » le texte ! Prendre son temps, pauser la voix, s’entraîner à des niveaux de voix différents ; articuler.
Ne pas tomber dans l’excès d’articulation, dans l’excès d’interprétation, dans la caricature de personnages. La lecture doit laisser à l’auditoire une impression de « naturel ».
Ne pas dire le texte « par cœur », même si on en connaît des passages. Il est indispensable d’être en lecture de texte et non en diction du texte qui relève de la pratique théâtrale.


Groupe départemental « Littérature de jeunesse » Vaucluse

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